MAMA COCA

50.00

Auteur Nadège Mazars
Éditeur Raya Editorial
Date de parution 02/07/26
Poids0.50 kg
Dimensions18.5 × 14 × 5 cm
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3 en stock

UGS : 9786280195582 Catégorie :
Description

Mama Coca repense le récit construit autour de la coca et interroge son interdiction, cette plante qui fait partie du patrimoine des communautés autochtones d’Amérique du Sud depuis des milliers d’années. Le livre met en lumière l’espoir de construire un avenir différent à travers les luttes autochtones dans une région particulièrement marquée par la violence du conflit interne colombien.

Le photobook rassemble une série de photographies prises dans le département du Cauca (Colombie), consacrées à la garde indigène et aux principaux rituels du peuple Nasa, ainsi que des textes et des archives.

Dans les communautés nasa, la coca continue d’être couramment utilisée et consommée, notamment dans le cadre des rituels. Elle joue un rôle essentiel dans les connexions spirituelles. Elle est mâchée lors de la collecte d’autres plantes, car elle aide à les identifier. La mastication se poursuit pendant leur préparation et les rituels. Les feuilles sont également offertes au feu.

La coca est essentielle pour réaffirmer l’identité autochtone après les désastres humains, sociaux et culturels causés par le colonialisme. Elle est considérée comme intrinsèquement liée aux communautés. C’est pourquoi les autorités autochtones revendiquent la consultation comme un droit fondamental lorsqu’il s’agit de son utilisation, notamment à des fins industrielles ou de recherche scientifique.

Les gardes indigènes, quant à eux, dont les bâtons ne sont pas des armes mais l’unique représentation symbolique de l’autorité qui leur est conférée par les communautés, organisent la protection du territoire et de ses habitants. Ils se trouvent en première ligne d’une lutte terrible contre le trafic de drogue, qui recrute de nombreux jeunes et mineurs issus des communautés autochtones par l’intermédiaire de groupes armés opérant dans la région.

L’origine de cette recherche réside dans le double discours qui entoure la coca depuis la colonisation, afin de déconstruire la logique d’appropriation d’un patrimoine autochtone : interdite par la religion du colonisateur espagnol, puis par les lois antidrogue qui confondent la plante avec le produit psychotrope qui en est extrait — la cocaïne —, elle a été et continue d’être exploitée à des fins d’extraction économique.

Le photobook présente deux exemples d’appropriation de la plante : le cas de Coca-Cola, qui continue d’utiliser la plante interdite dans sa formule secrète tout en engageant des poursuites judiciaires contre l’entreprise autochtone colombienne Coca Nasa pour son utilisation du terme « coca ». Et le cas du trafic de drogue et de la violence, qui ont plongé les communautés autochtones et leur mouvement social dans le deuil.

En déconstruisant le double discours de l’interdiction et de l’exploitation économique, le photobook dénonce cette expression du colonialisme qui vise à s’approprier le patrimoine autochtone. Afin de contextualiser et de resituer dans sa profondeur historique le discours produit autour de la coca, l’inclusion de documents financiers, de coupures de presse, de photographies trouvées, de courriels piratés, de schémas biochimiques, de documents officiels d’agences telles que la DEA et la NSA, ainsi que d’autres matériaux visuels, est essentielle. Ces éléments instaurent un dialogue polyphonique avec les photographies, renforcé et enrichi par la voix de la communauté nasa, dont la présence traverse le livre et lui donne vie.

Les textes — parmi lesquels un prologue écrit par un sénateur du peuple nasa, un article d’un historien spécialiste de la période précoloniale, des notes explicatives, des citations d’autorités spirituelles et une déclaration de l’artiste — prolongent la réflexion en multipliant les voix, en amplifiant les collaborations et en questionnant les représentations.